"OTAN de l'information" : les médias face au défi de l'IA
Face à la chute du trafic et l'utilisation massive des contenus par l'IA, l'idée d'une alliance des médias émerge. Faut-il attendre les régulateurs ou agir dès maintenant pour monétiser ?
"OTAN de l'information." L'expression est forte, et elle résume à elle seule l'urgence de la situation. Entre les enquêtes de la CMA au Royaume-Uni, les déclarations gouvernementales sur les plateformes tierces, et l'idée grandissante d'une alliance collective des médias, le rapport de force entre éditeurs de presse et modèles d'Intelligence Artificielle prend une nouvelle tournure.
Le sujet n'est plus théorique. Il est devenu profondément politique, économique et structurant pour l'avenir du web.
La crise de confiance et la fuite du trafic
Le constat de départ est sans appel. Le dernier rapport publié par le Reuters Institute fin 2025 tire la sonnette d'alarme : seuls 38 % des publics déclarent encore faire confiance aux médias d'information. Un niveau historiquement bas.
Cette érosion s'inscrit dans une transformation radicale des usages. Pendant que les plus jeunes s'informent sur TikTok ou YouTube, l'usage croissant de l'IA générative (ChatGPT, Perplexity, Claude) en lieu et place des moteurs de recherche traditionnels réduit drastiquement le trafic vers les sites d'information.
Les modèles d'IA résument, citent (parfois), et captent la valeur... sans cadre clair ni compensation systématique pour les créateurs originaux.
L'émergence d'un "OTAN de l'information"
Face à cette crise, l'hybridation des formats ou la création de newsletters ne suffiront pas. C'est ici qu'intervient l'idée d'une réponse collective.
Madhav Chinnappa, ancien cadre de Google, a récemment appelé à la création d'un "OTAN de l'information". L'objectif ? Former une alliance internationale entre médias pour :
- Négocier collectivement avec les géants de l'IA.
- Imposer des standards de rémunération équitables.
- Reconstruire un véritable rapport de force.
Sans cette coordination, le risque est double : un appauvrissement économique fatal pour les rédactions et une fragmentation accrue de l'espace public où l'information fiable se noie au milieu de contenus de faible qualité.
La vraie question : qui va organiser la monétisation ?
Aujourd'hui, le débat a dépassé le stade du "Faut-il réguler ?". La véritable question est : qui va organiser la monétisation ?
Le principe de base devrait être simple : si les IA utilisent massivement les contenus des éditeurs pour entraîner leurs modèles ou générer des réponses, il faut un modèle économique viable. Cela passe par trois piliers :
- La transparence : Savoir exactement qui crawle quoi.
- Le contrôle : Pouvoir bloquer ou autoriser l'accès.
- La rémunération : Être payé pour la valeur apportée.
Ne pas attendre les régulateurs : l'approche Senthor
Pendant que les régulateurs (comme la CMA au Royaume-Uni) réfléchissent au cadre légal idéal, le marché, lui, n'attend pas. Les bots continuent de crawler des pétaoctets de données chaque jour.
Chez Senthor, nous avons pris le parti de l'action immédiate. Nous fournissons dès aujourd'hui l'infrastructure technique qui permet aux éditeurs de :
- Mesurer précisément quels bots IA accèdent à quels contenus sur leur site.
- Décider en temps réel : laisser passer, bloquer, ou faire payer l'accès.
- Mettre en place une logique de "Pay per crawl" (paiement au crawl), techniquement prête à être déployée.
Conclusion : Le gâteau ne disparaît pas, il se redistribue
La question n'est plus de savoir si un tel système est possible techniquement. Tout est déjà là. La question est : qui va appuyer sur le bouton en premier ?
La valeur générée par l'information sur le web ne va pas disparaître, elle est simplement en train d'être redistribuée. Les éditeurs et les médias qui auront anticipé ce virage, en s'équipant des bons outils de mesure et de monétisation, auront une véritable longueur d'avance dans cette nouvelle ère de l'internet.
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